Contre la fête de Noël ?

– par Vincent M.T.

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Suite à un précédent article sur la question de l’Arbre de Noël, nous intéresserons aujourd’hui aux origines historiques de la fête de Noël et à la manière dont elle est célébrée aujourd’hui.

Des origines païennes ?

Ceux qui affirment que Noël est une fête païenne le font sur la base de deux éléments : la date et les pratiques, qui sont associées à des festivals païens. Cependant, retracer toute l’histoire de ces dernières ne servirait pas à grand chose puisque, comme nous l’avons vu pour l’Arbre de Noël, les symboliques associées à des éléments de la création peuvent être multiples, même opposés, et pourtant valables. Un simple exemple : Satan et Jésus sont, à des endroits différents et pour des raisons différentes, symbolisés par le même animal (le serpent) dans la Bible.

De la même manière, on peut porter un tissu sur la tête pour diverses raisons. Cela ne dénote pas nécessairement un symbole religieux, car par exemple le fichu et le foulard sont des accessoires de mode, et des protections utiles contre le froid ou la pluie. De même, cela n’indique pas une religion exclusive : le hijab (voile islamique) n’est pas porté pour la même raison, et donc par le même type de personne, que le voile par les religieuses chrétiennes, ou encore par les femmes juives. En fait, la forme du port du voile peut même varier au sein d’une même religion : si le voile n’est pas porté par la plupart des femmes chrétiennes, dans un milieu protestant minoritaire, les femmes portent une sorte de voile sur les cheveux ; tandis qu’en Islam, le hijab se décline en tchador, burqa, niqab, haïk, djilbab, etc. selon les parties du corps qu’il couvre.

Une ressemblance de surface n’implique pas une ressemblance de fond.

Ainsi les ressemblances de forme entre les fêtes célébrées par les païens et celles célébrées par les chrétiens ne devraient nous alerter que si elles indiquent un même fondement.

Certains pourraient mentionner 1 Thess 5.22, qui dans certaines versions datées de la Bible est rendu ainsi : « Abstenez-vous de toute apparence de mal » (Bible Martin), donnant l’impression qu’on devrait s’abstenir même de ce qui peut ressembler à quelque chose de mal. En réalité le texte grec est mieux traduit ainsi : « Abstenez-vous de toute espèce de mal » (LSG) ou encore « Abstenez-vous de toute forme de mal » (Darby).

D’autres seront peut-être tentés d’évoquer des passages comme Col 2.16-17 : « Que personne donc ne vous juge au sujet du manger ou du boire, ou au sujet d’une fête, d’une nouvelle lune, ou des sabbats« , pour justifier le devoir de résister à la « pression » populaire de célébrer les festivals qui n’ont pas ou plus rien à voir avec Dieu. Cependant, il s’agit là de célébrations qui sont directement contraires à l’Évangile, dans la mesure où elles insistent sur le maintien de rituels de purification que Jésus a accompli pour nous une fois pour toutes. Les reproduire de nouveau revient donc à rejeter toute son oeuvre, or il reste à prouver que célébrer Noël implique nécessairement le même genre d’apostasie.

Les célébrations historiques de Noël indiquent-elles que cette fête est, au fond, païenne plutôt que chrétienne ? Là encore, une étude historique ne nous serait pas d’une grande aide, puisque la question pertinente est : aujourd’hui, Noël est-elle une fête chrétienne ou païenne ? Nous verrons ce point en deuxième partie, mais nous devons d’abord aborder un autre argument souvent employé.

Il est vrai que la Bible ne commande pas de célébrer la naissance de Jésus. Certes, mais doit-on en déduire qu’il est interdit de le faire ? Les théologiens accordent généralement peu de poids à ce genre de logique, puisqu’elle repose sur ce que l’on appelle « l’argument du silence » (la Bible est « silencieuse » sur un sujet). Cependant, on peut s’intéresser à la notion de fête en soi.

Un article et une émission de radio disponible sur le site Le Bon Combat nous rappellent notamment que les fêtes sont censées honorer Dieu plutôt que les hommes, et dans cet esprit de nombreuses églises célèbrent la Réformation (le 31 octobre), qui n’est pourtant pas un événement biblique.

Après tout, en matière de culte et de vie spirituelle, la Bible nous indique des modèles à suivre (l’organisation d’un culte en Néhémie 8, une prière à Dieu en Matthieu 6, les éléments du culte communautaire en Actes 2, etc.), mais ce ne sont que des modèles. Ils fournissent des fondements essentiels, mais ne sont pas faits pour être reproduits de façon automatique, sans aucune variation ni étoffement.

Au contraire, nous sommes appelés à mettre en oeuvre dans notre culte à Dieu la créativité culturelle, depuis la création et par notre nature même d’image de Dieu, un Dieu créateur. Il n’y a pas de calendrier précis des célébrations, qui soit contraignant : nous avons de bonnes raisons de célébrer Dieu chaque dimanche, mais « le sabbat à été fait pour l’homme et non l’homme pour le sabbat ».

Une célébration actuellement idolâtre ?

Force est pourtant de reconnaître que de nos jours, « l’esprit » de Noël semble être plus influencé par le matérialisme et le consumérisme excessifs que par la célébration du Sauveur, ou même des valeurs de l’Évangile (la réconciliation, la générosité, la famille, etc.).

Ceci dit, on pourrait en dire autant du mariage, de la sexualité, de l’argent, de la nourriture, des vêtements, de la musique, des médicaments ou de la technologie. Toutes ces choses, et bien d’autres, ont été détournées de leur sens premier, et sont devenues des occasions d’idolâtrie. Pourtant, cela ne veut pas dire qu’il faut s’en abstenir : simplement, il faut réfléchir et mesurer notre rapport à ces choses, pour s’assurer que ce que l’on fait correspond à notre appel, et donc, est agréable à Dieu.

Dans sa première épître aux chrétiens de Corinthe (11.17-34), Paul reprend des chrétiens qui ont fait de la Sainte Cène une fête de gloutons tandis que certains membres de l’église meurent de faim. Le simple fait que certains en aient fait une chose abominable ne pousse pas l’apôtre à interdire le rituel à tout le monde. Au contraire, il exhorte les chrétiens de Corinthe à se montrer digne de l’appel qui a leur a été adressé en retrouvant un juste rapport à ce rituel.

Nous sommes donc libres de célébrer Noël, mais ne faisons pas de cette liberté une licence pour nous adonner au festivisme ambiant. Réfléchissons aux symboles (décorations, rituels, etc.) que nous voulons mettre en place, en clarifiant ce à quoi ils renvoient, pour s’assurer qu’ils sont fait dans un esprit de joie, d’amour et d’espérance en Christ. Que l’on choisisse la crèche ou l’arbre, de donner ou recevoir des cadeaux, de chanter des cantiques aux portes des maisons ou de lire le récit de la Nativité en famille, que ce soit pour de bonnes raisons, car il est toujours permis de faire ce qui est bien, en toutes circonstances.

Visio Mundus souhaite ainsi à toutes ses lectrices et à tous ses lecteurs un Noël plein de joie, d’espérance et d’amour. Que Dieu nous guide et nous garde.

2 comments

  1. Bonjour,
    Je trouve votre article un peu léger et assez superficiel.
    Il y a certes des origines païennes à la fête de Noël mais il y a aussi des origines juives et selon certains historiens ce sont les premiers chrétiens, qui étaient juifs, qui ont transformé la fête juive de la Dédicace (Hanoukka) que Jésus Lui-même a honorée (voir Jean 10:22–23).
    Je me permets de vous signaler un article que j’ai publié il y a 8 ans et qui montre les origines à la fois païennes et juives de Noël, avec une réflexion sur sa signification spirituelle (Jésus la lumière du monde s’est incarné et nous appelle à nous consacrer à Dieu).
    Voici le lien vers cet article : http://www.coeurnet.org/L-origine-de-Noel

  2. Merci pour ce commentaire qui est équilibré. Pendant des années je n’ai plus fêté Noël suite à une étude avec les TJ qui m’ont dit que l’on ne trouvait aucune trace du jour de sa naissance dans la Bible. Donc comme pour moi Noël signifiait le jour de la naissance de Jésus je ne voyais aucun intérêt à fêter Noël, qui n’était plus qu’une fête païenne. Les païens étaient des adorateurs de la nature donc le symbole de Noël était le sapin qui restait toujours vert et avec ce symbole était fêté la lumière du jour qui commence à croitre. Par la suite n’étant pas en accord avec l’enseignement des TJ sur l’interprétation des écritures j’ai continué à chercher où était la Vérité que je ne trouvais pas chez chez eux. Je me suis donc tournée vers Dieu pour lui demander de me montrer le chemin de cette Vérité et dans les jours qui suivirent cette prière une amie m’a conduite dans une assemblée évangélique et là j’ai trouvé ce que je cherchais. Jésus est le chemin, la Vérité et la Vie. J’ai donc compris que s’il est vrai que Jésus n’est pas née le 25 décembre rien ne nous empêche nous chrétiens de fêter Jésus venu dans ce monde de ténèbre pour nous apporter La Lumière et profiter de cette fête païenne pour l’annoncer.

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