Des films et de l’espérance

– par Y. Imbert

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Noël est de retour. Fête de famille, pause nécessaire, période indifférente pour certains. Consécration du consumérisme occidental ou mémoire d’une religion désuète. Quel que soit le sens que Noël ait prit dans notre vie, Noël veut toujours dure quelque chose pour nous. Mais quoi ? Quel sens Noël a-t-il prit pour nos voisins, pour ces quasi étrangers avec qui nous vivons ? Qu’est-ce que ce mot « Noël » rend visible ? Comment vivons-nous ces semaines qui mènent vers l’un des points culminant de l’année ?

Comme très souvent, la culture sert de témoin de ce que nous pensons et de ce qui est important pour nous. Par exemple, est-ce que vous avez déjà essayer de regarder quels sont les films qui sont les plus regardés pendant cette période si importante de l’année ? Les œuvres culturelles qui rythment notre société révèlent beaucoup de choses quant aux aspirations de tous ces êtres humains qui constituent le monde dans lequel nous vivons.

À Noël, que cherchons-nous ?

L’amour et le bonheur ? La restauration des relations familiales ? Noël est pour beaucoup de personnes une fête familiale. Peut-être même la fête de famille de l’année. Souvent sans contenu religieux, elle est néanmoins investie d’une espérance quasi religieuse : la réconciliation ou la restauration des relations familiales. D’ailleurs ne serait-ce pas l’un des thèmes récurrents des grands films de Noël ? Même le divertissement classique Maman, j’ai raté l’avion ! – ainsi que son deuxième volet – la réconciliation familiale est le grand dénouement, certes cousu de corde blanche. Pas très subtil, bien sûr. Pas formidablement bien joué, c’est vrai. Mais ce n’est pas ce qui compte en période de Noël. Si ce film est vu et revu dans ce temps si particulier, c’est parce qu’il tente de communiquer quelque chose qui touche les êtres humains. Nous désirons vivre ensemble. Nous désirons aimer notre famille.

Noël, c’est aussi la « saison du coeur », chante « L’Esprit du Noël présent », dans le Muppet’s Christmas Carol (basé sur le livre de Charles Dickens) :

C’est la saison du cœur
Un moment spécial d’attention
Les voies de l’amour rendues claires
Le message, si nous l’entendons
c’est de le faire durer toute l’année
C’est dans le don d’un cadeau à un autre
Une paire de mitaines qui ont été faites par votre mère
C’est comme ça qu’on montre notre amour.

Noël ? L’amour et le don. Pas de place simplement pour les cadeaux pour les cadeaux. Pas de consumérisme dans la saison de Noël. Les cadeaux ne sont que des signes d’une relation plus profonde qui dépasse le simple cercle familial. Les cadeaux sont une manifestation visible d’une grâce que nous voulons vivre les uns avec les autres. C’est presque comme si les cadeaux que nous échangions étaient les signes extérieurs de quelque chose qui unit tous les êtres humains !

Noël c’est l’expression d’un lien humain profond, celui de l’amour de l’humanité. Nous désirons, ou espérons, cela… nous sommes dirigés presque naturellement vers ce soutien mutuel, cet altruisme, cet élan humain qui nous fait languir après cette « saison du coeur ».

Peut-être est-ce pour cela aussi que Noël, c’est le miracle du « tout possible »… que ce soit sur la 34e rue, ou ailleurs ! La vie est belle est l’un de ces miracles, avec ange et tout ! Sans trop de spoilers, nous découvrons le miracle de la fraternité humaine, celle de toute une ville qui se cotise pour « racheter », littéralement, l’un des leurs.

Le miracle de Noël, c’est aussi celui du retournement radical, la métamorphose totale du Grinch… et de tous ceux d’entre nous pour lesquels Noël ne rappelle a priori que des mauvais souvenirs. Cela aussi c’est une réalité de Noël ! Les familles brisées, les fêtes ratées, le stress des cadeaux… tout cela peut faire de Noël une période plutôt anxieuse. Pour dire le moins ! Le miracle de Noël ressuscite toujours cette fête. Le miracle… toujours le miracle. L’inattendu Père Noël, le cadeau inespéré, une « foi » qui renaît, comme dans le Polar Express. Ce miracle est parfois tout simplement celui de la foi en l’humanité… peut-être que cela ne suffit pas, mais il y a bien espérance du miracle !

Le rachat, le salut, le sauveur. Dans un certain sens, même le bon vieux Die Hard 2 est un film de Noël ! C’est le film su sauveur ordinaire… ou presque ordinaire. Pas le super-héros à l’ancienne, mais un sauveur quand même. A Noël, nous pouvons tous avoir besoin d’un sauveur… non ? Demandez à John McLane : un sauveur, mais peut-être pas toutes les années le même !

Noël cristallise tout cela : la désir de fraternité, l’espérance du don et de l’amour, le miracle de l’humanité qui peut se sauver elle-même. Noël : l’espérance la plus folle !

Comment se fait-il alors que Noël doive revenir chaque année avec les mêmes sentiments ? La fraternité est rapidement enterrée. L’espérance s’éteint aussi certainement qu’une bûche dans la cheminée pendant la nuit de Noël. Le miracle n’arrive pas à résister aux assauts d’une société conflictuelle, obsédée par le désir individuel, et nourrie par le sensationnel que promettent les réseaux sociaux. Quant au sauveur… parlons-en ! Le sauveur ? Il meurt comme tout le monde, humain qu’il est !

Tous les ans, Noël revient. Et tous les ans, c’est comme si Noël mourrait… cycle éternel qui nous ferait presque déprimer s’il ne revenait pas avant que nous sombrions dans les ténèbres. Noël. Et pourtant Noël revient. Il se saisit de tous nos désirs. Il embrasse toutes nos espérances. N’y a-t-il rien qui puisse lui donner une éternité ? N’y a-t-il rien qui puisse lui assurer un avenir réel qui aille au-delà d’une répétition annuelle ?

Cette espérance existe, et elle a été accomplie. L’espérance d’un sauveur qui nous unissent les uns aux autres. Un sauveur humain qui cependant ne meurt pas sur grand écran. Quelqu’un qui nous assure d’un miracle éternel, fait une fois pour toutes.

C’est l’espérance de ce que Christ a déjà fait, une fois pour toutes. Dieu fait homme. Pas de manière symbolique, mais réelle. Dieu « fait chair », Dieu in carne, comme la foi chrétienne l’exprime souvent.

Trouvons l’espérance, la fraternité, et le miracle, dans la présence du Dieu parmi nous 

Notre culture a une espérance que personne ne peut accomplir si ce n’est ce Dieu fait homme. Les films que nous revoyons à Noël nous dirige vers Christ, le Dieu-homme né il y a près de 2 000 ans dans une petite ville de Judée. Celui qui est venu pour délivrer tous les êtres humains de ce qui les enchaîne. Celui qui est venu pour nous redonner notre pleine humanité :

« Notre Dieu est plein de tendresse et de bonté :
il fera briller sur nous une lumière d’en haut, semblable à celle du soleil levant,
pour éclairer ceux qui se trouvent dans la nuit et dans l’ombre de la mort,
pour diriger nos pas sur le chemin de la paix. »

Evangile de Luc, chapitre 1, versets 78-79

À Noël, que cherchons-nous ?

Nous cherchons, souvent sans le savoir, ce que seul Christ peut nous donner. Trouvons l’espérance, la fraternité, et le miracle, dans la présence de « Dieu parmi nous », le Christ-Emmanuel (Evangile de Matthieu, ch. 1, v. 23). Venons-le trouver dans cette période de Noël !

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