Dimension pédagogique

La deuxième dimension de l’apologétique culturelle est la dimension pédagogique. Si nous décidons de pratiquer l’apologétique culturelle, nous aurons aussi à apprendre. Nous pouvons comprendre cette pédagogie de deux manières :

  • Premièrement, nous pouvons faire preuve de pédagogie en nous encourageant les uns les autres à mieux pratiquer l’apologétique culturelle. C’est pour cela que ce site propose des exemples d’apologétique culturelle, ainsi que des réflexions sur les moyens et les buts de cette apologétique.Ainsi, nous espérons créer une communauté d’apologétique culturelle. De cette manière, nous espérons encourager d’autres chrétiens intéressés par l’apologétique culturelle à participer, à échanger, et à en diffuser les principes. Nous espérons que les artistes chrétiens en particulier pourront prendre part à cette communauté.
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Hasegawa Tōhaku, “Pine Trees”

  • Deuxièmement, nous pouvons aussi faire preuve de pédagogie en apprenant de la culture qui nous entoure. Certain demanderont ce qu’il y a à apprendre d’une culture qui le plus souvent montre qu’elle rejette Dieu. C’est une bonne question !D’abord, pour présenter avec pertinence notre foi, il nous faut comprendre le monde dans lequel nous vivons. Nous devons donc apprendre ce que nos contemporains croient, ce qu’ilspensent. Nous devons comprendre ce qui les motivent, ce qu’ils espèrent, ce qu’ils craignent. Et, une fois encore, la culture nous apprend tout cela. C’est l’une des raisons les plus importantes de nous engager dans l’apologétique culturelle : apprendre et comprendre dans quel environnement humain et socio-culturel nous vivons, pour ensuite nous adresser avec pertinence à ceux qui cherchent confusément Dieu.

    Ensuite, notre culture peut encore et toujours témoigner de la présence de Dieu dans notre monde. Malgré la corruption du péché, malgré son influence dans tous les aspects de la vie humaine, tout n’est pas 100% “pourri”. Nous avons été créés à l’image de Dieu, et si la Chute a affecté cette image, Dieu n‘a pas permis qu’elle soit pour autant complètement effacée. Nous sommes donc encore capables de produire une culture qui, comme nous, reflète le fait que nous sommes créés à l’image de Dieu. Il reste ainsi des traces de grâce, de bonté, de fidélité, de justice, en nous et dans notre culture. C’est à ces “vestiges” que nous pouvons nous adresser.

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Giovanni Paolo Panini, “A capriccio of classical ruins”

  • Troisièmement, nous pouvons utiliser certains aspects culturels notamment ceux qui sont sous forme narrative, pour illustrer certains aspects de l’Évangile. Plus que de simples traces qui renvoient à des thématiques bibliques, il s’agit de quasi-paraboles, qu’il s’agisse de fêtes nationales, de codes sociaux, ou de romans. L’aspect polémique sera moindre, puisque la compatibilité entre l’élément considéré et la vision biblique du monde sera assez grande, et le processus côtoiera ici la “simple” évangélisation – l’aspect apologétique consistant essentiellement dans l’utilisation des références culturelles de l’audience pour présenter efficacement le message et démontrer implicitement sa pertinence.